Par Sascha Burkhardt, tous droits réservés
Paru en juillet 2000 dans le magazine d'informatique mobile team palmtops

A force d'améliorer nos moyens de communication comme par exemple les téléphones GSM et nos moyens de travail transportables comme nos palmtops, nous sommes devenus de plus en plus mobiles. Au point de nous demander parfois ou nous sommes - géographiquement ! Auparavant, cette "crise d'orientation" ne concernait guère que les marins au long cours, les aviateurs et les amoureux des déserts. Dorénavant, la localisation géographique joue un rôle de plus en plus important dans la vie de tous les jours, par exemple dans la gestion de flottes de camions ou tout simplement lors de la navigation routière.
La localisation facile n'a été rendu possible que par l'avènement du GPS. Auparavant, les marins en plein océan par exemple, se servaient d'un sextant et de formules compliquées pour déterminer, après de longues calculs, leur position actuelle.
Grâce au Global Positionning System (et non pas "Guidage par Satellite " comme cet abréviation est parfois traduite!) nous sommes en mesure de connaître, à quelques mètres près, notre position et notre altitude sur le globe terrestre. Dans un premier temps, les récepteurs GPS coûtaient une petite fortune et avaient la taille d'une boîte a archives en A4. Aujourd'hui, la miniaturisation des composants électroniques et la fabrication en masse ont démocratisé le GPS: un récepteur de l'an 2000 tient dans une montre-bracelet et met l' autolocalisation presque à la portée de toutes les bourses. En même temps, le GPS se trouve de plus en plus intégrée dans d'autres appareils électroniques ou y est relié. Le fabricant Suunto, par exemple, vient de présenter le premier téléphone européen intégrant cet outil de localisation: lors d'un appel de secours, le téléphone peut, si l'opérateur le permet, transmettre la position exacte de l'appelant. Un précieux gain de temps pour les secours! Dans le milieu nautique, cela existe depuis plusieurs années: avec la mise en place du système de détresse GMDSS , certaines radios VHF des bateaux transmettent sur simple pression de bouton un message SOS automatique incluant la position du bateau en difficulté.
GPS - l'histoire
Evidemment, lors de la mise en place du système GPS au milieu des années 70 et du lancement coûteux des satellites nécessaires, le but recherché était avant tout militaire, même si une utilisation civile parallèle (et gratuite!) faisait partie intégrante du système. En premier lieu, les américains avaient besoin d'un système ultra-performant pour le guidage de leurs missiles - et donc de connaître la position exacte d'un objet en mouvement, où qu'il soit sur terre. Le premier satellite "test" fut lancé le 27. Juin 1977, le premier réellement utilisable quelques mois après. Plusieurs contretemps comme par exemple l'explosion de la navette spatiale "Challenger" retardaient le programme initialement prévu. Ce n'est qu'en juillet 1995 que le Departement of Defense américain déclarait le système GPS pleinement opérationnel.
Au plus tard à partir de ce moment, le GPS devenait extrêmement intéressant pour tous les navigateurs civils. Le constructeur GARMIN était le premier à proposer un petit GPS portable, de la taille d'un téléphone GSM, et en même temps à un prix abordable, c'est-à-dire en-dessous des 3000,- Francs: en Europe, le fameux "Garmin 38" connaissait un vive succès à partir de l'hiver 95/96. En 1998, la société française MLR présentait avec le VALSAT le premier GPS en langue française, et le constructeur Magellan lançait avec le Pioneer le premier GPS vendu en dessous de la barre des mille francs. La course aux prix s'est arrêtée là: l'entrée de gamme se situe aujourd'hui autour des 1500,- Francs. En revanche, les fonctionnalités se sont améliorées, notamment la rapidité de l'acquisition et la réception des satellites.
GPS - comment ça marche ?
Pour connaître et exprimer une position sur le globe terrestre en absence de repères dans le paysage comme des cimes ou d'autres points caractéristiques, il faut d'abord établir un quadrillage virtuel du globe définissant le système de coordonnées. Il en existe plusieurs, le plus connu datant de plusieurs siècles et exprimant une position en dégrées de latitude et de longitude. Zéro degrés de latitude correspond à un point sur l'équateur, 90 dégrées Nord ou Sud au pôle nord/sud. Les lignes longitudinales sont comptées à partir d'une ligne reliant le pôle nord et le pôle sud en passant par l'observatoire Greenwich en Angleterre: vers l'est, on compte jusqu'à 180 dégrées est, vers l'ouest, jusqu'à 180 dégrées ouest (qui correspond également à 180 dégrées est puisque les méridiens se rejoignent)
Deuxièmement, il faut des points de référence visibles depuis n'importe quel endroit de la terre - auparavant, on utilisait pour la navigation astronomique des corps célestes comme le soleil, les étoiles ou la lune et dont on connaît, malgré leur déplacement perpétuel, à tout moment la position exacte dans le ciel.
Avec le système GPS, l'homme a suspendu des points de référence artificiels dans le ciel: naturellement, on connaît leur position exacte et peut en déduire la position de l'observateur. Mais comment? Dans le principe, ce n'est pas très compliquée. En ce moment, 27 satellites GPS fonctionnels orbitent à une hauteur de plus de 20.000 km autour de la terre.Chaque rotation dure presque 12 heures, et leurs orbites sont décalées de manière à ce qu'à tout moment et à n'importe quel point de la terre, au moins quatre satellites soient visibles en même temps. Les satellites sont contrôlés par des stations de base sur le sol et émettent constamment des signaux sur deux fréquences distinctes: 1575 MHz et 1228 MHz. La première porte les deux codes "C/A" pour les civils et militairs ainsi que le code "P" reservée exclusivement aux militairs, qui est également retransmis sur la fréquence 1228 MHz.
Un récepteur GPS capte ces signaux et mesure leur temps de déplacement. Sachant que des signaux radio-éléctriques se propagent à la vitesse de 300 000 km/s, le récepteur peut calculer sa distance par rapport au satellite en multipliant le retard du signal avec 300.000. En connaissant sa distance par rapport à un satellite, le récepteur déduit qu'il se trouve sur l'intersection du globe terrestre et d'une sphère autour du satellite avec pour rayon la distance calculée. En mesurant les distances de plusieurs satellites, le récepteur peut déterminer les intersections de plusieurs sphères et ainsi déterminer sa position en trois dimensions - avec une précision de quelques mètres.
(voir: SA - La précision en sursis)
Seul problème: pour mesurer le temps de déplacement d'un signal, il faudrait démarrer les "chronomètres" exactement au même moment du côté du satellite et du côté du récepteur. Evidemment, ce n'est pas possible: si les satellites possèdent plusieurs horloges atomiques, les récepteurs, quant à eux, ne peuvent avoir des horloges de la même précision.
La solution: comme la mesure de l'horloge du récepteur sera, à un moment déterminé, entachée par la même erreur comparée à tous les satellites en vue, les "pseudo-distances" mesurées, bien que fausses, ne peuvent se recouper en un seul endroit. En revanche, il faut toujours un satellite de plus pour éliminer la variable "erreur temps". Ainsi, pour déterminer la position exacte ainsi que l'altitude, quatre satellites sont nécessaires et non pas seulement trois, qui suffiraient si les horloges étaient parfaitement calées.
Côté utilisateur
Il ne reste plus qu'à communiquer la position calculée à l'utilisateur d'une manière plus au moins conviviale: si les premiers récepteurs se contentaient d'afficher des chiffres dans le système de quadrillage défini, comme par exemple N42°34,10' E8°46,35', certains appareils modernes sont en plus en mesure de visualiser cette position obtenue sur une carte du monde plus au moins détaillée et comportant par exemple des routes, villes et points d'intérêts comme postes d'essence, restaurants...
Sur le droit chemin
En plus de l'affichage de la position actuelle que l'utilisateur peut mémoriser sur simple pression de touche et également reporter sur une carte classique en papier, quasiment tous les GPS permettent de rentrer les cordonnées d'un point quelconque, relevés par exemple dans un guide de randonnée, et de demander la distance par rapport à ce "waypoint" et la direction à suivre pour l'atteindre. Lorsque l'utilisateur se met en déplacement, apparaît à l'écran en cristaux liquides la direction à prendre, symbolisée par une flèche sur une rose de compas. Il suffit de la suivre pour être sur le bon chemin (En ligne directe à vol d'oiseau, puisque les GPS ne tiennent pas compte de la configuration du terrain!). Une autre façon de visualiser le chemin à suivre est l'écran "Autoroute" que la plupart des GPS portables proposent: comme sur une console de jeu d'antan, il apparaît une autoroute sur l'écran. Tant que l'on se déplace en direction du point défini, l'autoroute pointe droit vers le haut de l'écran. Si votre trajectoire dévie du bon chemin en revanche, vous quittez l'autoroute qui bascule vers le côté (pas de "Game Over", tout de même!).
Détours
Une autre possibilité de la plupart des GPS est le regroupement de plusieurs "waypoint" en une route: si par exemple vous voulez vous rendre d'un point A à un point B et que la configuration du terrain ne permet une trajectoire en ligne droite mais nécessite un détour par les points C et D, vous rentrez ce trajet A-C-D-B dans votre GPS qui vous guidera d'étape en étape en pointant la flèche automatiquement sur le prochain "waypoint" lorsque vous arrivez à un des points définis.
Le petit poucet
Autre fonctionnalité de la plupart des appareils qu'ils soient pourvus d'un fond de carte ou non, les GPS avec fonction "traceur" dessinent la trajectoire du déplacement sur l'écran graphique. Tel que "Le Petit Poucet", vous laissez des miettes de pain virtuels à chaque pas: cela vous permet de visualiser que vous tournez en rond, par exemple! De bons appareils permettent en plus de revenir sur vos pas: à partir de la trajectoire mémorisée, le GPS définit sur demande une route inverse et vous guide vers votre point de départ en passant par tous les points de l'aller!
Encore de l'info
D'autres fonctions supplémentaires de certains GPS sont par exemple l'affichage des horaires de coucher et lever du soleil ou même de la lune à un point donné de la terre. Les récepteurs pourvus d'une cartographie intégrée permettent également de retrouver sur la carte une ville en entrant son nom. Cette communication avec la machine se fait généralement par le biais d'un clavier comportant 3 à 5 touches du style "Enter", "Quit", "Page" et d'un joy-pad pour les flèches haut/bas et droite/gauche.
Les interfaces
Les GPS de nos jours sont quasiment tous pourvues d'une prise interface permettant de brancher l'appareil par exemple à un PC ou... à un PDA! Pour certains de leurs GPS, notamment ceux pourvus d'une cartographie, les constructeurs livrent en option un CD-ROM nécessitant généralement un PC sous Windows. Ces logiciels permettent de charger par exemple des cartes plus détaillées d'une région donnée en affinant la carte continentale souvent basique contenue dans l'appareil. Il est également possible d'éditer les waypoints et routes mémorisés d'une manière plus conviviale que par le biais des touches limitées du boîtier GPS. L'échange GPS-PC se fait alors dans un format propriétaire à chaque constructeur. Même si les PDA ont été un peu délaissés par les constructeurs, il est à noter que le protocole GARMIN a été implanté par un bon nombre de programmeurs libres dans leurs logiciels respectifs: des applications comme le très bon freeware PSINMEA (http://pandora.inf.uni-jena.de/ttbb/) pour Psion permettent de lire et écrire la mémoire de la plupart des récepteurs GARMIN.
Mais il est un autre protocole de sortie, universel celui-là, que la plupart des GPS maîtrisent: le protocole NMEA. S'il ne permet pas d'éditer la mémoire du GPS ni de lui transmettre des commandes (du moins actuellement), il communique néanmoins au pilote automatique du bateau ou, accessoirement, à l'ordinateur ou au PDA branché, un bon nombre d'informations comme par exemple la position actuelle, la vitesse et le direction du déplacement. Le plus intéressant: la communication se fait, pour le protocole NMEA 0183, à travers une liaison série bifilaire à 4800 Baud et... en mode ASCII! Il suffit donc de brancher n'importe quel terminal (sous EPOC, Windows...) aux plots "Data out" et "Masse" du récepteur. Cela revient à brancher le câble port série du PDA au câble de liaison du GPS, en intercalant, si besoin est, un adaptateur Zéro-Modem (croisement des lignes Rx/Tx). Le constructeur Magellan propose d'ailleurs en option un câble tout prêt destiné à brancher un GPS de la gamme 315 à un Psion (sauf revo). Ensuite, il suffit de régler les paramètres du port série à 4800 baud, 8 bits, pas de parité et un bit de stop afin de voir défiler en texte clair les états d'âme du GPS! Constamment, le récepteur transmet des "sentences NMEA" comme par exemple celles-ci:
$GPGGA,114614.360,4410.5350,N,00704.4451,E,1,05,2.8,723.2,M,,,,0000*03
$GPVTG,150.54,T,,M,11.48,N,21.3,K*69
qui contiennent par exemple l'heure, la position, la vitesse et le cap actuels...
Il est évident que ces informations peuvent être facilement exploitées soit par une application faite maison (à vos claviers!), soit par des logiciels plus ou moins commerciaux. L'excellent Realmaps de Kevin Millican (www.realmaps.co.uk/ ) pour Psion par exemple permet de scanner une carte quelconque et de rentrer les coordonnées de deux points de référence afin de calibrer la carte. Ainsi, le Série 5 devient un lecteur de cartes performant: même si votre GPS ne possède pas de cartographie, pourvu qu'il ait une sortie NMEA, vous verrez à l'écran du PSION votre position et votre trajectoire dessinée sur la carte de votre choix! Des logiciels similaires existent aussi pour Palm, par exemple "Atlas".
La société Palmtop Software commercialise un excellent logiciel que nous avons testé pendant plusieurs mois dans sa version EPOC et qui est également disponible en version Palm et WinCe: RoutePlanner Europe.
Ce logiciel, qui fonctionne également sans GPS, permet de déterminer le trajet entre deux villes, en passant au choix par des autoroutes ou par des départementales en fonction des préférences définies. RoutePlanner est déjà remarquable sans l'utilisation d'un GPS: il est fascinant de voir comme ce bijou est capable de vous calculer un trajet d'un minuscule "bled" perdu dans les Cévennes jusqu'à un village hollandais ou à un quartier de la capitale italienne! (Prévoir tout de même une carte CompactFlash suffisamment grande si vous souhaitez emporter la totalité de l'Europe avec un maximum de détails !) .
Couplé à un GPS (impossible avec le revo!), RoutePlanner devient carrément génial: la position de votre voiture clignote sur la carte routière, et vous voyez d'un coup d'oeuil si vous êtes toujours sur le bon chemin! Les instructions détaillées du style "rester sur la D218 pendant 25 km" sont également toujours rafraîchies: l'instruction en surbrillance correspond à votre situation géographique actuelle. Le logiciel indique également l'heure prévue d'arrivée pour chaque étape si vous maintenez la vitesse moyenne actuelle.
Rappelons qu'aucun des GPS du test ne peut remplacer ces fonctions du logiciel RoutePlanner: même les récepteurs munis d'une cartographie routière intégrée calculent les trajets en vol d'oiseau et non pas en routes carrossables. GARMIN prévoit cette fonctionnalité pour une version ultérieure de son "Street Pilot " (non testé), mais pour le moment, un PDA (ou autre portable) reste indispensable pou ce genre de planification. Bel exemple d'une symbiose parfaite entre GPS et PDA!
StreetPlaner, un autre logiciel de Palmtop (www.palmtop.nl), permet de se retrouver de la même manière à l'intérieur d'une ville: l'application connaît tous les sens interdits et vous indique sur quelques clics de stylet le chemin à parcourir depuis votre position actuelle vers une rue de votre choix.
Lors de ces utilisations en voiture, n'oubliez pas que de regarder ou de manipuler le PDA et/ou le GPS pendant la conduite peut être aussi dangereux, si ce n'est pas plus, que de téléphoner!
Par ailleurs, une bonne fixation du GPS (par exemple par bandes de velcro) et du PDA est indispensable. Nous avons testé avec succès le Car-Stand PSION commercialisé par Widget France qui propose également un produit similaire pour Palm.
Les premiers récepteurs GPS nécessitaient le branchement d'une antenne extérieure afin de fonctionner convenablement en voiture - les produits actuels, fixés sur le tableau de bord, arrivent en général à capter d'une manière satisfaisante les satellites grâce aux nouvelles technologies de canaux parallèles.
La société Palmtops commercialise également un GPS, dédié pour le moment à l'utilisation avec un Psion: il s'agit d'un petit boîtier pourvu d'une taille d'environ 8 ×7 × 3 centimètres qui se fixe sur le toit de la voiture grâce à son embase magnétique. Le câble passe entre la porte et la carrosserie et se termine en une prise allume-cigare 12V et une prise pour Psion. Après branchement, le GPS Palmtop, qui ne comporte aucune touche et aucun indicateur ni écran, se met automatiquement à la recherche de satellites, les trouve très rapidement et se met à transmettre des sentences NMEA ou des informations dans le protocole binaire propriétaire du constructeur SiRF. Le logiciel RoutePlanner, pour lequel ce GPS a été spécialement créé, fournit donc très rapidement une information sur l'écran. Si l'utilisateur choisit le protocole SiRF, il bénéficie même d'une indication du taux de montée ou de descente en m/s. Cette information très importante en aéronautique s'est montrée étonnamment fiable, mais son utilité sur la route reste faible.
L'avenir
Le constructeur du module GPS Palmtops, la société SiRF, mise avant tout sur le marché des modules GPS destinés à l'intégration dans d'autres appareils électroniques. Chez SiRF, on compte sur un marché de GPS en forte croissance, notamment dans le secteur de la navigation routière et des applications spéciales. Pour cela, ses ingénieurs ont développé plusieurs technologies destinées à améliorer la réception des satellites et la localisation en milieu urbain. Même si, lors de nos tests, nous n'avons pu constater une amélioration spectaculaire des performances GPS du module SiRF dans le GPS Palmtops par rapport à un autre GPS de technologie récente, nous estimons très juste la vision futuriste de la société SiRF: le GPS va se populariser comme le téléphone portable et autant faire partie intégrante de notre vie, même si cela se fera d'une manière moins visible. Les exemples d'utilisations futures sont nombreuses. Grâce aux GPS couplés à de téléphones GSM ou à des émetteurs hertziens, on finira par surveiller les déplacements des enfants et des animaux domestiques, par exemple. Le bond le plus spectaculaires se fera sans doute dans la navigation routière, où les voitures ne connaîtront pas seulement leur position sur la carte routière, mais seront également capables d'envoyer automatiquement un message de détresse comportant la position actuelle en cas fort choc dû à un accident. Par ailleurs, en cas de vol, le véhicule transmettra également sa position aux forces de l'ordre. On s'imagine également des anti-vols similaires pour d'autres biens: un PC de bureau par exemple, muni d'une puce GPS et qui ne marcherait que s'il se trouve à son endroit habituel. Il n'y a que pour les PDA que ça ne fonctionnera jamais: par définition, nos bijoux technologiques portables ne connaissent pas "d'endroit d'utilisation habituel"!
(c) Sascha Burkhardt 2000,2001
Infos supplémentaires:
Lors
de la mise en route d'un GPS, il scrute le ciel et essaye de capter les
informations d'un satellite. Si le récepteur se trouve sensiblement
au même endroit où il a été utilisé pour
la dernière fois, il sait exactement par vérification de
son "almanach", une sorte de liste comportant les levers et couchers des
satellites visibles à un endroit donné, lequel des satellites
devra lui fournir les informations nécessaires à sa localisation.
Ainsi, l'acquisition se fait très rapidement dans un délai
d'une minute maxi pour les appareils modernes à 12 canaux parallèles.
Auparavant, les récepteurs ne fonctionnaient que sur un seul canal
de réception: ils ne pouvaient capter les signaux d'un seul satellite
à la fois avant de passer au prochain. Ce procédé
"multiplexe" pouvait rallonger considérablement le temps d'acquisition.
C'était encore plus le cas après un déplacement important
depuis la dernière localisation ou d'une non-utilisation prolongée:
dans ces cas, tous les récepteurs doivent d'abord lire du premier
satellite en vue des informations complètes sur l'almanach actuel.
Cette lecture peut rallonger le temps d'acquisition à plusieurs
minutes, même pour les GPS récents. Certains appareils demandent
même à l'utilisateur de l'aide et l'interrogent s'il ne sait
pas par hazard dans quel pays il se trouve actuellement...
Dès le départ, les américains avaient prévu un code pour les militaires, extrêmement précis, permettant une localisation à un ou deux mètres près, et un code fournissant une précision moindre, le code C/A pour les civils.
Après la mise en place du système GPS, le Departement of Defense constata que la précision du code C/A était supérieure que prévu - trop au goût des militaires qui ne souhaitaient tout de même pas rendre à des ennemis éventuels un tel service. Le code C/A fut en conséquence légèrement brouillé ("Selective Availability" ou SA) afin de fournir des positions à environ 100m près. Pour beaucoup d'utilisateurs civils, cette précision était insuffisante: un bateau regagnant le port dans un épais brouillard par exemple ne peut se permettre une erreur de 100m lorsqu'il rentre entre les digues!
Rapidement, il fut mis en place par des services maritimes européens un système permettant de contrecarrer le brouillage: une station radio reçoit sur sa position fixe et parfaitement connue les signaux émis par les satellites et compare la position obtenu avec la sienne. Ensuite, elle transmet le décalage constaté, et donc la correction à apporter aux signaux émis, par voie hertzienne à tous les récepteurs équipés de ce système "DGPS" qui appliquent immédiatement la correction à leurs calculs. La précision obtenu est de l'ordre de 1 à 3 mètres et ne permet pas seulement d'annuler le brouillage, mais aussi de compenser des erreurs dues à la propagation des émissions satellitaires dans l'ionosphère. Inconvénient: le récepteur DGPS, à brancher à un GPS avec une entrée adéquate, coûte assez cher, et ne fonctionne que sous couverture d'une station de correction et non pas partout dans le monde.
Au mois de mai de cette année, le président des USA a annoncé que le brouillage SA serait désactivé jusqu'à nouvel ordre . On s'attendait à une telle mesure depuis la chute de l'empire russe, mais tout de même pas si tôt. Les professionnels se sont immédiatement rués sur leurs GPS et ont comparé les mesures. Résultat: depuis le deux mai, le GPS classique est précis à moins de dix mètres près. La nécessité du système DGPS paraît mise en question malgré ses corrections toujours utiles sur les effets des perturbations atmosphèriques.
Mais en même temps, personne n'oublie que le système GPS reste entièrement entre les mains du gouvernement des US. Nos capacités de nous localiser (gratuitement, rappellons-le!) dépendent donc du bon vouloir des Américains, qui se ont par ailleurs réservés le droit (sans doute légitime) de réactiver la SA s'il estiment nécessaire et surtout de brouiller temporairement et sur un secteur déterminée le fonctionnement du GPS en cas de nécessité militaire.
Cette
dépendance n'est également pas bien vécu par l'aviation
commerciale qui tarde de s'équiper: si vous prenez un avion de ligne,
il y a beaucoup de chances que les passagers à bord aient plus de
GPS dans leur poches que le commandant de bord qui souvent n'en possède
point! En effet, bon nombre de machines ne sont toujours pas équipées
de GPS mais comptent toujours sur leurs propres moyens de navigation comme
les centrales d'inértie qui fonctionnent, si nécessaire,
de manière complètement autonome. Pour accroître leur
précision, ces centrales se recalent grâce à des moyens
de radionavigation classiques comme par exemple les VOR - et qui sont gérés
de manière souveraine par chaque pays!
Pendant longtemps , la seule langue dans laquelle s'exprimaient les GPS était celle de Shakespare (avec l'accent américain, évidemment). En France, c'était la société MLR qui organisait la résistance: les menus du VALSAT étaient entièrement écrits en français tout comme le manuel électronique intégrée. Depuis, d'autres constructeurs ont emboîté le pas avec plus ou moins de succès. Mise à part du côté parfois presque comique des traductions proposés sur certains appareils, il convient de s'interroger sur l'utilité d'une traduction systématique des termes anglais, qui, en partie, sont devenus standard dans le langage des navigateurs et autres utilisateurs de GPS. Voici une petite liste de termes et abréviations souvent rencontrés:
WPT Waypoint ou LMK Landmark
Coordonnées d'un point se trouvant dans la base de données du GPS .
MOB, "Man over bord" ou "Homme à la Mer"
Fonction hérité du milieu marin, permettant de définir très rapidement un WPT. Car si un homme tombe à la mer,le navigateur à autre chose à faire que de donner à la position de l'accident un joli nom et de choisir une îcone graphique la représentant!
GOTO
"Aller à": fonction affecté généralement à une touche qui active la navigation vers un WPT.
RTE ou Route
Une route est une séquence prédéfini de plusieurs WPT
TRK ou HDG (Track ou Heading)
Le cap suivi par le GPS en mouvement, exprimé en dégrées par rapport au nord (magnétique ou vrai, selon configuration). A l'arrêt, cette indication n'est pas valable.
BRG ou Bearing
Direction à partir de la position actuelle vers le WPT actif, exprimée en dégrées par rapport au nord (magnétique ou vrai, selon configuration)
Si le TRK est égal le BRG, l ' utilisateur bouge exactement en direction du WPT actif.
DST ou Distance
Distance entre la position actuelle de l'utilisateur et le WPT actif.
SPD ou Speed, GS ou Groundspeed
Vitesse horizontale de déplacement du GPS par rapport à la surface terrestre
XTE ou Crosstrack-Error, Off Course, Course Error
La Distance qui sépare votre position actuelle perpendiculairement à la route initialement prévue.
VMG Velocity made good:
C'est la vitesse effective à laquelle l'utilisateur se rapproche du WPT actif. Car si le TRK n'est pas exactement le même que le BRG, on se rapproche du WPT, mais pas à la vitesse du déplacement.
ETE Estimed Time Enroute ou TTG Time to Go
Temps estimé qu'il faudra pour arriver au WPT actif si la vitesse et le cap actuel du déplacement sont maintenus.
ETA Estimed Time of Arrival
Horaire
estimé d'arrivée au WPT actif si la vitesse et le cap actuel
du déplacement sont maintenus.
L'écran "Rose de compas" qui se trouve sur la plupart des GPS peut faire croire qu'un GPS puisse remplacer un compas. Il est vrai qu'en mouvement, le GPS sait parfaitement dans quel direction vous bougez. A l'arrêt en revanche, le GPS ne peut vous indiquer où se trouve le nord magnétique, et l'appareil ne sait pas non plus dans quel direction vous le pointez ! Ainsi, la flèche indiquant la direction à prendre n'est valable que si vous êtes en mouvement et que vous tenez le GPS droit devant vous en direction du mouvement! D'ailleurs,sur l'eMap par exemple, la flèche disparaît à l'arrêt et fait place à une indication alphanumérique du style "NW" afin de donner la direction à prendre.
Cartographie
- GPS seul ou GPS+PDA?
En
règle générale, les GPS avec cartographie contiennent
une carte du continent ou du monde avec un tracé sommaire des frontières,
plans d'eau, lignes de côtes ainsi que les villes et routes importantes.
L'utilisateur peut acheter des CD-ROM contenant des cartes bien plus détaillées
dont il peut charger un nombre limité sur son appareil. Souvent,
il peut également charger une sélection de points d'intérêt:
par exemple des base de données contenant tous les phares et autres
feux des côtes ou plus simplement un choix de restos ou autres attractions
touristiques. Il s'agit au fait d'une sorte de liste de waypoints: même
certains GPS non pourvus de cartes peuvent les charger et les visualiser
sur l'écran "traceur"- cela donne une esquisse de carte sans fond
de carte.
Les appareils contiennent de plus en plus de mémoire: par exemple, si le "Garmin III plus" ne possède "que" 1,4 Mo de mémoire, l'eMap peut être muni de barrettes supplémentaires de 8 ou 16 MB.
Certaines cartes sont même d'une précision étonnante: des petits cours d'eau apparaissent, le tracé des chemins départementals se dessine à une dizaine de mètres près. Malheureusement, les cartes ne contiennent pas forcement de plus en plus de détails pour la navigation terrestre ou maritime du type "cimes" ou "écueils", mais souvent des données du style "Restos Fast Food" du coin. Parfois, leur intérêt n'est pas seulement limité: lors de nos tests, certaines indications comme "l'hôpital le plus proche" étaient même très incomplètes, voir aberrantes.
Avant l'achat, réfléchissez donc bien quel utilisation vous aurez de votre GPS et quel genre de données vous comptez exploiter. Demandez au revendeur une démonstration de la cartographie de votre région et vérifiez si les données et détails correspondent à vos besoins.
N'oubliez
pas que même en utilisation routière, quasiment tous les GPS
calculent distances et directions en vol d'oiseau: pour une planification
routière complète, le couple PDA-GPS reste incontournable!
Pour nos essais, nous avons demandé aux constructeurs de nous faire parvenir quelques appareils transportables de la gamme, incluant un récepteur de premier prix ainsi qu' au moins un appareil avec cartographie intégrée, si existant. Malheureusement, ni l'importateur français ni l'importateur pour l'Europe de la société Magellan étaient en mesure de nous fournir le modèle Map 410 comportant des cartes, d'où son absence.
Nous avons utilisés les appareils en voiture ainsi que lors d'une navigation en méditerranée. Bien sûr,il n'est pas aisé de comparer les récepteurs entre eux puisque différents niveaux de gamme et utilisations prévues s'affrontent.
Néanmoins,nous avons pu comparer la convivialité de l'utilisation, les fonctions proposées à un niveau de gamme similaire et certains spécifications techniques.
Premier constat: parmi les GPS testés, il n'y a pas d'appareil franchement mauvais. Tout et chacun peut, à sa manière, jouer au moins son rôle de localisateur. Ce n'était pas toujours le cas: il y a deux ans, lors d'un test de plusieurs GPS, nous avions découvert un bug sur un appareil qui se trompait de direction à prendre!
Côté rapidité d'acquisition, ce sont surtout le Lowrance ainsi que les GARMIN qui nous ont agréablement surpris: même dans de mauvaises conditions à l'intérieur d'un immeuble près d'une fenêtre, c'étaient souvent les premiers à trouver la position.
Ce sont d'ailleurs les GARMIN qui remportent également la palme de la convivialité: les menus sont utilisables d'une manière très intuitive, les polices sont agréables à lire et la présentation graphique est très soignée sauf pour le basique Garmin 12. D'ailleurs, l'etrex de la même marque semble vouloir prouver l'ouverture du monde GPS vers le grand public: sur l'écran du joli boîtier fluo se promène un petit bonhomme, scrute le ciel à la recherche de satellites, plante des drapeaux dans la terre pour symboliser la définition d'un waypoint. Après tout, pourquoi pas, puisque cette décoration destinée à une familiarisation plus rapide par le grand public ne s'est pas faite au détriment des fonctions basiques: il offre les informations essentielles pour le randonneur et le navigateur.
Tableau: Les GPS testés en détail
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